
Figma a intégré plusieurs briques d'intelligence artificielle générative directement dans son éditeur : First Draft génère une première maquette d'interface à partir d'un prompt texte, Make Designs (annoncé initialement sous le nom Figma Make) pousse le concept plus loin en produisant des prototypes interactifs et même du code exploitable. S'y ajoutent des fonctions plus discrètes mais tout aussi utiles au quotidien : renommage automatique des calques, génération de variantes de composants, redimensionnement intelligent de contenus, ou encore suggestions de mise en page basées sur les patterns les plus utilisés dans l'écosystème Figma.
Pour une agence comme Mazette.co, qui pilote des projets de A à Z entre Figma et Webflow, la question n'est pas "faut-il utiliser l'IA de Figma" — la réponse est oui, sans hésitation. La vraie question est : à quelle étape du processus, sur quel type de projet, et avec quel garde-fou humain.
First Draft transforme un brief textuel en une interface visuelle en quelques secondes. Sur le papier, c'est spectaculaire. Dans la pratique, c'est un excellent outil de dégrossissage et un très mauvais outil de livrable final.
Sur un projet récent de refonte pour un client SaaS B2B dans la logistique, l'équipe Mazette.co a utilisé First Draft pour générer trois pistes de landing page en moins de dix minutes — un travail qui, avec les allers-retours classiques de moodboard et de wireframe, aurait pris une demi-journée avant la première présentation client. Résultat : ces trois pistes ont servi de base de discussion, aucune n'a survécu telle quelle au-delà de la réunion de cadrage. Les proportions étaient génériques, la hiérarchie visuelle plate, et surtout aucune des propositions ne respectait l'identité de marque du client, pour la bonne raison que First Draft ne la connaît pas.
Ce que First Draft accélère vraiment :
Ce qu'il ne fait pas : comprendre la marque, respecter un ton éditorial, ou produire une hiérarchie visuelle pensée pour convertir. Cette dernière étape reste, et restera, un travail de product design assumé par des humains qui connaissent le métier du client.
Make Designs va plus loin que First Draft en générant des interfaces interactives et du code frontend directement exploitable. C'est là que la fonction devient réellement intéressante pour une agence orientée Webflow, car elle rebat partiellement les cartes de la frontière entre design et développement.
Sur un projet de dashboard interne pour un client e-commerce, Mazette.co a testé Make Designs pour prototyper rapidement une interface de gestion de stock avec des interactions complexes — filtres dynamiques, tableaux triables, états de chargement. Le prototype généré était fonctionnel en une vingtaine de minutes, contre plusieurs heures de prototypage manuel habituellement nécessaires pour tester ces interactions avec le client avant validation. Le gain de temps sur cette phase spécifique — le test d'interaction avant validation design — a été réel et mesurable.
En revanche, le code généré par Make Designs n'est pas du code de production. Il sert de preuve de concept, pas de base de développement finale. Sur un projet Webflow, l'enjeu reste de traduire l'intention visuelle et interactive validée en Figma vers une structure Webflow propre, avec des classes cohérentes, une logique de composants réutilisables, et une intégration soignée aux bonnes pratiques Webflow — ce que ni First Draft ni Make Designs ne savent faire nativement.
| Étape du projet | Apport réel de Figma AI | Ce qui reste humain |
|---|---|---|
| Cadrage / idéation | Génération rapide de pistes visuelles multiples | Choix de direction artistique et cohérence de marque |
| Prototypage d'interactions | Prototype fonctionnel généré en quelques minutes | Validation UX réelle avec utilisateurs cibles |
| Design system | Suggestions de variantes de composants | Structuration, nommage, gouvernance des tokens |
| Passage à Webflow | Code indicatif, non exploitable en production | Intégration propre, classes, responsive, performance |
Les fonctions IA de Figma s'appuient de plus en plus sur les composants existants d'un fichier pour générer des variantes ou des suggestions de layout. C'est une excellente nouvelle quand le design system est propre, documenté, avec des tokens bien nommés. C'est un problème quand il ne l'est pas.
Mazette.co a pu observer ce phénomène chez un client dont le fichier Figma accumulait des composants dupliqués et mal nommés depuis plusieurs années. Utiliser les fonctions de génération de variantes dans ce contexte n'a fait qu'amplifier le désordre : l'IA a proposé des variantes cohérentes avec les mauvaises pratiques déjà en place, renforçant une dette de design system plutôt que de la résoudre. La leçon est nette : plus l'IA de Figma devient puissante, plus la qualité du design system en amont devient un prérequis non négociable, pas un détail cosmétique.
C'est une raison supplémentaire pour laquelle un audit et une remise à plat du design system restent une étape rentable avant d'adopter massivement ces outils — un chantier que Mazette.co recommande systématiquement en amont d'un projet Webflow d'envergure, via son approche méthodologique dédiée.
La crainte la plus répandue chez les designers freelances et les petites structures est simple : si l'IA génère des maquettes en quelques secondes, pourquoi payer une agence ? La réalité observée sur le terrain est plus nuancée.
Les tâches les plus mécaniques — dégrossissage de layout, génération de variantes, exploration rapide — se compressent effectivement en temps facturé. Une piste créative qui prenait deux jours en prend désormais quelques heures. Mais la valeur ajoutée d'une agence ne s'est jamais résumée à la vitesse de production d'un écran. Elle réside dans la stratégie de marque, la compréhension fine des enjeux business du client, l'arbitrage entre plusieurs options, et la capacité à transformer une intention design en produit qui fonctionne réellement une fois en ligne — un pont que Figma AI ne construit pas seul entre le fichier de design et un site Webflow performant.
Concrètement, cela pousse les agences sérieuses vers un repositionnement : moins de facturation au temps passé sur l'exécution pure, plus de valorisation du conseil, de la direction artistique et de l'intégration technique de bout en bout. Les agences qui ne vendaient que de l'exécution mécanique de maquettes vont sentir la pression la première. Celles qui vendent une vision de marque couplée à une exécution technique irréprochable en sortent renforcées.
Trois limites reviennent systématiquement sur les projets suivis par Mazette.co en 2026, et méritent d'être posées clairement avant d'intégrer ces outils dans un workflow d'agence.
Il y a aussi un risque plus silencieux : la tentation de sauter l'étape de recherche utilisateur ou d'analyse concurrentielle parce que "l'IA propose déjà quelque chose". C'est exactement l'inverse de ce qu'il faut faire. Plus la génération est rapide, plus le brief et le cadrage stratégique en amont doivent être solides pour orienter correctement l'outil.
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Chez Mazette.co, la position est claire et assumée : Figma AI a sa place dans le workflow, mais à une étape précise — celle de l'exploration rapide et du prototypage d'idées, jamais celle de la décision finale. L'équipe l'utilise désormais systématiquement en phase de brainstorming avec les clients, pour matérialiser des directions en réunion plutôt que de les décrire à l'oral. Le gain n'est pas seulement en temps de production : il est aussi en qualité de dialogue avec le client, qui visualise plus vite ce qu'il aime ou n'aime pas.
En revanche, aucune interface générée par First Draft ou Make Designs n'a jamais quitté un projet Mazette.co sans passer par une reprise complète de la direction artistique, un travail de cohérence avec le design system existant, puis une intégration Webflow pensée pour la performance et le référencement. L'IA raccourcit le chemin vers la première idée. Elle ne raccourcit en rien le travail qui transforme cette idée en produit digital qui convertit vraiment.
Pour les agences qui hésitent encore à structurer leur workflow autour de ces outils, la meilleure porte d'entrée reste un audit de l'existant Figma avant toute chose — retrouvez les bonnes pratiques sur la page ressources Figma de Mazette.co, ou contactez l'équipe pour challenger votre design system actuel.
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